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 RP Abba (WDWF)

- Contre nous de la tyrannie, la baguette sanglante est levée -
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MessageSujet: RP Abba (WDWF)    Lun 29 Jan - 18:45

Minthe

es nuits d’été avaient des langueurs assassines, d’un ennui se réverbérant sur les pavés d’une chaussée foulée d’escarpins à brides champagnes. Drapée d’une fierté à même le derme, une robe de nacre à la lourdeur du linceul déployé par l'amertume se découpait entre ombre et lumière d’anciens lampadaires, moirant l’ostentation. Un halo illusoire peu illuminé se diffusant derrière une coiffure aux ondulations twenties, auréole trompeuse, en faisait une divine absolution, rédemption céleste entre crasse et grossièreté des ruelles que la déchue maculait d'un penchant moldu à même des lèvres si brutalement écarlates qu’elles semblaient recouvertes d’hémoglobine. Demande implicite à être ravagées. L'angle d'un mur contourné, une silhouette de tristesse engloutie, déglutie, d'une vanité embaumée pénétra finalement dans l'enceinte. Des tapis s'étalant de leur longueur, débutaient dès l'entrée et étiraient le chemin du vice, trainées écarlates à l'instar de traces témoignant de méfaits. Pendus au plafond, quelques lustres en cristal de bohème laissaient ruisseler leurs pampilles en pendeloques noblement taillées, gouttelettes chatoyantes de lumière, figées au-dessus de cette atmosphère estompée en filigrane où quelques rideaux obombraient çà et là les pièces de jeu privatisées. Etalage de grandiose et de faste du début du siècle que sa pupille sensible au beau, au cher, se plut à constater. Vaporeuse d'élégance, toxique de contenu, elle s'était frayé un chemin jusqu'au bar, l'un de ces meubles d'ébène à la manufacture soignée. L'employé se pencha vers elle, de trop près, cherchant à prendre une commande qui ne vint pas. Elle se contenta de prendre place, esquissant un silence volontairement déstabilisant. Pour l'un, aucunement pour l'autre. Jambes croisées, la britannique offrait son dos à la salle, colonne vertébrale dénudée où coulaient deux bandes de soie qu'un simple nœud retenait dans la nuque. Indifférence figée. Le nœud papillon aux coloris de la maison entourait une voix qui se voulait la plus polie : « Madame Rosier, que puis-je vous servir ce soir ? », soulignant par son interrogation une présence usuelle en ces lieux, omettant toutefois que toutes ces visites ne la conduisaient à boire qu'un seul et même cocktail, rendant la question obsolète et déplacée. Un sourcil blond s'arqua. Circonflexe examinateur. La flavescente enfonça le filtre de sa cigarette embrassé de maquillage dans ses dernières lueurs contre le fond d'un cendrier, écrasant la luciole orangée tel un indésirable du bout des doigts, tandis que deux billes céruléennes s'étaient épinglées sur le faciès de son interlocuteur. Débarrassée de son mégot, elle s'avança quelque peu, arborant une proximité nouvelle mais ses lippes lui soufflèrent tout autre chose que les syllabes d'une demande. De poumons à d'autres. Dissipant les traits masculins juvéniles d'une dernière exhalaison argentine le faisant reculer à une distance plus convenable, une quinte de toux s'empara de son torse enfantin emprisonné dans un complet le rendant à peine plus âgé que son fils. Tout aussi brusquement, un sourire papelard en bord de muqueuse pour seul changement s’estompa en coin de rouge sur une réponse énoncée d'un timbre doucereux à même d'exprimer les choses les plus affreuses des mots les plus enrobés, impudence dérobée : « Un Entre les Draps ...» , l'absence de s'il-vous-plaît aussi soutiré à la politesse que ses yeux parmi les joueurs. Alors qu’elle énonçait la suggestivité de cette version améliorée du Sidecar, son buste s’était tourné vers les tables, ses iris s’attardant sur une carrure, en épousant l’envergure de la convoitise d’un regard à la conquête aussi antérieure qu’actuelle. Un bruit de shaker, de glace se heurtant au brandy, rhum blanc et triple sec pour seul fond sonore. Mixture dosée près d’une concupiscence conquise. Se repositionnant correctement sur son siège, la Rosier s’empara du verre d'un mouvement fluide du poignet après que le barman ait filtré la boisson pour lui ajouter l’acidité de quelques larmes d’un agrume dont un zeste jaune en spirale décorait le rebord. Accompagnée de son liquide, la naïade avait quitté le tabouret de cuir en laissant une somme conséquente sur le comptoir à la surface marbrée chamarrée d'infimes particules d'or. « Pensez également à préparer une bouteille de Single Malt écossais de qualité. Par pitié épargnez-moi cette insipide liqueur du Capitaine Barby Chète servis aux crooneurs pré-pubères », devant l’air interrogateur du jeune homme elle crut bon d’ajouter, « Un MacCallan » , consommation outrageuse que le bas-peuple ne pouvait s'offrir, avec ou sans présence de la Main Noire, « de préférence de 1938, à l'étiquette manuscrite ornée d'un ruban pourpre dans le salon de poker. Dois-je également préciser qu'il faut un sceau pour le refroidir ? » , détails infantilisants pour un cru à la maturité certaine à contrario du personnel, arborant plusieurs rondeurs de gallions. Rien de moins que le meilleur lorsque la compagnie ne l’était que davantage. Devant un bredouillement négatif et plusieurs signes du chef, l'anglaise s'éloigna finalement pour lui préférer les guichets. Après avoir échangé quelques pièces contre des jetons, ses pas la guidèrent vers une partie de Black Jack qui venait de se terminer. Déposant sa consommation sur le tapis d'émeraude ainsi que la mise réglementaire fixée sur la case correspondante, ses attributs callipyges prirent place sur la chaise de libre alors que ses phalanges imposèrent leur présence sur l’une des épaules observées plus tôt pour la relâcher aussitôt. Duperie ordinaire. De loin comme de près, le geste paraissait des plus anodins, banal appui recherché par une femme de haut rang pour s'assoir avec un raffinement exagéré. Les années avaient accordées à cette tromperie, au propre comme au figuré, une aisance déconcertante mais en rien arraché l'exaltation grisante qui en résultait. « Messieurs... » , un substitut de salutation générale s’échappa par pure politesse de sa gorge où pendait un collier de perles nombreuses arrangées en sautoir à double rangée alors que leurs identités respectives avaient à peine été relevées. Quelques sang-purs sans grand intérêt, des mangemorts principalement, quoi que bien placés parmi les serviteurs des ténèbres, qu'elle connaissait de patronyme en raison des accointances de son époux et parmi lesquels seul l'un d'entre eux accaparait son attention, tout entière. Elle ne chercha pas à faire la conversation. S'épargnant par là même un bavardage inutile avec des individus qui l'étaient tout autant à cette soirée, simples éléments de décor si l'on omettait que certains n'avaient aucunement un physique ornemental. Les prunelles restèrent sans impatience aucune rivées sur le croupier distribuant une première carte, puis une seconde découverte à chacune des places occupées, avant qu’il n'en place une dernière devant lui et ne questionne le sorcier à sa gauche sur son choix. L’ancienne vert et argent ne dévia ses iris lagons de leur trajectoire que lorsque la prise de parole se fit d'un timbre familier à ses côtés, Abbadon exigeant une nouvelle carte pour le huit de trèfle et sept de carreaux reçus. Tirage qui résulta en un split judicieux en raison du deuxième chiffre noir similaire et à un compliment susurré : « En voilà une belle main. Si ce n’est guère de la chance, je présume que vous serez gratifié d’un second split lors de cette soirée » , sous-entendu osé pendu à l'incarnat de ses lippes, véritable cimetière où se mourraient des paroles non prononcées, enterrant là quelques secrets régulièrement déterrés qu'ils partageaient, non loin de tombeaux qu'elle avait elle-même creusés.
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MessageSujet: Re: RP Abba (WDWF)    Lun 29 Jan - 18:46

Abba

L’ambiance était tamisée par les draperies bordeaux et poudrées, les bougies, les tables de jeux, un fond musical empreint de sonorités rétro. Des serveurs et serveuses se mouvant entre les convives, un plateau fixé au bout des doigts avec des verres emplit de breuvages tous plus couteux les uns que les autres. L’argent, son odeur, son gout, Abbadon le reconnaissait entre mille, et il se trouvait certainement dans l’endroit de Londres qui en regorgeait le plus.
Il avait prit place ici il ne savait depuis qu’elle heure exactement, observant dans un premier temps le jeu de Black Jack qui se déroulait sous ses yeux, mesurant d’un oeil rapide l’aura qu’il y avait autour de la table. Tout n’était qu’observation, et ils le savaient tous ici. Mais une bonne main, doublé d’un brin de témérité, voilà ce qui faisait la différence.
Il fini par prendre place, déposant la mise réglementaire devant lui et attendant que le croupier ne fasse son travail. Il ne suivit la première manche que d’un oeil, l’esprit encore embué par une énième dispute avec Solveig. Depuis toutes ces années, il avait fini par trouver ce qui faisait redescendre ses nerfs : une bonne table de jeu et un bon verre. Il se tourna alors d’un quart vers le bar et, de deux doigts tendus, appela un des barmans qui s’empressa de venir à lui.

« Je vous sert quelque chose monsieur Yaxley ? »

Quelques regards se levèrent du jeu à l’entente de son nom, certains peut être, qui n’avaient pas remarqués sa présence jusqu’alors, et qui, comme pris sur le fait accompli, lui adressèrent un signe de tête respectueux.
Cependant, il ne leur répondit pas, fronçant les sourcils devant le questionnement fort impertinent de ce jeune serveur qu'il avait dans un premier temps prit pour un trait d'humour.

« Allons, est-ce une question sérieuse ? »

Sans doute piqué au vif par cette remontrance à peine dissimulé, Abbadon remarqua que tout le corps de son interlocuteur s’était raidi. Le quinquagénaire, dont la patience avait déjà été mise à rude épreuve tout au long de la journée, n’eut cependant pas a se montrer d’avantage incisif, puisque le serveur se confondit en excuse avant de s’éloigner, sans doute appelé par un des responsables pour lui expliquer ce que buvait un Yaxley.
Son verre fini par arriver au milieu de quantité d’excuses, et les parties s’enchainèrent, les minutes également, et les jetons sur la table ne cessaient de prendre plus de place sur le tapi émeraude. Mais bientôt, son esprit ne fut embrumé que par une seule chose : un parfum qu’il aurait pu reconnaitre entre mille.

Des effluves discrètes de vanille et de lavande, un coeur doucement fleurit de jasmin et de rose, qui s’estompait sur des notes animales de patchouli et de citron. L’eau de parfum d’un célèbre créateur français au raffinement indiscutable venait d’embraser la table de ses senteurs divines et sensuellement féminines. Une main douce et délicate accompagna cette entrée d’une légère pression sur son épaule, et Abbadon termina son verre d’une traite, masquant un sourire naissant.

« Messieurs … »

Minthe venait d’arriver. Belle comme l’aurore, de ces beautés qui vous font perdre jusqu’à votre intégrité, jusqu’à vos propres valeurs, qui font de vous la véritable bête qui se camoufle sous le nom d’humain. De ces beautés qui plongent les hommes dans le péché, tout en raffinement et luxure, comme les déesses antiques qui régnaient d’une main de fer sur leurs homologues masculins, comme une mente religieuse, séductrice et ravageuse.
Il la senti se mouvoir à ses côtés, prenant place avec grâce sur la chaise vide qu’un mangemort venait de quitter. Le jeu reprit autour de la table et, le croupier distribuant les cartes une à une, vint alors le tour pour le Yaxley de se prononcer. Demandant une nouvelle carte, il fut récompensé d’un split, que sa belle soeur ne manqua pas de remarquer.

« En voilà une belle main. Si ce n’est guère de la chance, je présume que vous serez gratifié d’un second split lors de cette soirée »

Promesse détenue par des lèvres qu’il n’aurait jamais du connaitre, le sous-entendu n’en était que plus virulent. Tournant légèrement le regard vers son interlocutrice tandis qu’il séparait son jeu, Abbadon l’observa avec attention, son visage dur fendu en une expression amusée qui n’appartenait qu’à lui.

« Pensez vous vraiment ? » Faussement surpris, il se hasarda à lever les yeux vers les siens, tandis-que le jeu continuait à leurs côtés.
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RP Abba (WDWF)

- Marchons, marchons ! Qu'un sang impur abreuve nos sillons ! -
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